Le concept s’est beaucoup amélioré avec les années. Les possibilités d’obtenir du financement sont bien réelles quoique les “vrais” Anges sont plutôt rares dans ce genre d’événement. Ce qui n’empêche pas plusieurs bailleurs de fonds de s’y asssocier et je suis bien content de voir Desjardins Capital de risque s’y associer.
Il ne faut pas oublier aussi que plusieurs représentants des organismes de développement économique viennent réseauter et identifier qui vient de leur territoire. Donc, l’aide financière peut arriver de plusieurs façons.
Par contre, entre les mises en candidature du 26 novembre et l’annonce des gagnants le 28 février, ça donne beaucoup de temps à une jeune entreprise de manquer d’oxygène…
Paru aujourd’hui dans plusieurs journaux cette nouvelle est une réaction du gouvernement au rapport l’Urgence d’entreprendre à Montréal.
Souhaitons que le gouvernement soit aussi prompt à réagir sur certaines autres des recommandations du rapport. Je déplore cependant les 360,000$ octroyé à l’embauche de ressources “spécialisées” dans les agences de développement économiques.
Puisqu’on fera appel à l’entreprise privée et à un certain nombre de mentors, l’aspect “culturel” me semble couvert.
Espérons également que les secteurs non-traditionnels à ces communautés culturelles seront privilégiés de manière à encourager d’autres options même à l’intérieur d’un volet entrepreneurial
Depuis avril 2006, un comité s’est penché sur quoi faire pour améliorer l’entrepreneurship à Montréal. Je suis certain que plusieurs villes peuvent s’en inspirer. L’ensemble des documents se trouve sur le site suivant:
Promouvoir et renforcer la culture entrepreneuriale
Susciter et développer les pratiques d’essaimages
Favoriser la création d’entreprises technologiques
Développer et consolider les compétences entrepreneuriales
Améliorer les pratiques d’accompagnements et l’accessibilité au financement
Accroître et renforcer les réseaux d’affaires
Promouvoir l’engagement du milieu des affaires et soutenir le réseau des mentors
Adapter les services à des besoins particuliers
Renforcer le réseau de services de soutien à la création d’entreprises et à l’entrepreneuriat
Voici mon avis sur ces recommandations…
1- Dans une société aussi fonctionnarisée que les nôtres il s’agit là d’un sérieux défi. Je trouve particulièrement amusant de voir que dans toutes les recommandations, on ne fait mention nulle part des entrepreneurs…on ne parle que des gens qui travaillent en entrepreneuriat. Participer à des concours et faire des plans d’affaires sont des activités qui ne fabriquent pas des entrepreneurs. Il y aurait beaucoup à faire chez les jeunes d’âge scolaire…par contre l’idée que la “machine” ponde une programme pédagogique pour former des entrepreneurs me fait frissonner.
2 -Je doute que le Québec possède assez de masses critiques d’entreprises pour mettre en place des pratiques globales d’essaimages. Par contre, compte tenu de la taille de notre marché, d’identifier des niches très étroites permettant une rentabilité rapide pourrait inciter employés et employeurs à se grouiller.
3- Rien à redire…si ce n’est qu’un Fond d’amorçage de 20 millions de dollars…c’est une goutte d’eau.
4- Au Québec on ne manque pas d’imagination. Nous sommes tous très bons pour râler contre ce qui ne fonctionne pas. Rien de tel qu’une terrasse avec une bonne bières ou une bonne bouteille de vin pour trouver toutes les solutions…Par contre, passer à l’action, ça…c,est autre chose. Faîtes les vendre…ventes=résultats de formation. On consolidera par la suite
5- Tel que mentionné sur mon autre blog. Pour ce qui est des pratiques d’accompagnements, les jeunes font trop souvent la course à la bourse (et autre type de financement) L’emphase est mise sur ce qu’il faut faire pour avoir les sous et non sur ce qu’il faut faire pour que l’entreprise fonctionne…Il faut ajuster la présentation au type d’investisseur. Le gabarit de présentation est une prison qui nuit à l’entrepreneur. Sur quoi juge t-on ? L’entrepreneur ou son projet, ou pire encore, son plan d’affaires ? De grâce, remettez en question vos façons de faire. Une formation sur l’art de la présentation efficace devrait être obligatoire. De plus, j’invite tous les intervenants à lire “Concevoir et lancer son projet” de Raphael Cohen.
6-Accroître les réseaux d’affaires ? À trop vouloir développer une “x”ième version d’une chambre de commerce, les entrepreneurs ont de la difficulté à y croire ou y voir leur profit…Pourquoi ne pas se pencher sur l’entreprise 2.0.
Lorsqu’on pense que l’expansion d’une entreprise passe par l’international…cette façon de faire devrait être instaurée dès le départ. Un gros merci à Véronique Aboghe (coach leader) pour m’avoir fait découvrir ce bijou de fichier.
7- Promouvoir l’engagement du milieu des affaires et soutenir le réseau des mentors….
Bon sang, arrêtons de les prendre par la main, ce sont des “entrepreneurs”!
Si les mentors ont une attitude de “botteurs de derrière professionnel”, nos jeunes poulains ne seront que mieux servis. Un vrai mentor arrive plus tard dans le processus, ne “brûlons” pas ceux qui veulent aider. Laisser les jeunes faire leurs preuves, quand ils auront cassé la glace, envoyez les mentors dans la mêlée…
8- Adapter les services.
Quand je lis Offrir un coaching ponctuel, je lève les yeux au ciel. Un coaching ponctuel n’est possible que si un lien de confiance existe déjà entre un coaché et son coach. Un coach n’est pas un “trouble shooter”. Parlez-moi d’une banque de consultant qui feront des interventions d’urgence…mais pas du coaching.
9- Misère…Si renforcer s’apparente à élaguer, à réduire. Le coût de maintien d’un pareil système prive les entrepreneurs de précieux fonds financiers. Le lancement de Yulstart.org me semble un pas dans la bonne direction. Un Wiki sur lequel entrepreneurs et “experts” pourront s’entendre sur l’offre et la demande.
Pour finir, un petit mot pour tous les intervenants en entrepreneurship…
Intéressons-nous à l’avenir nous y passerons le plus clair de notre temps.
-Paul Valery
et pour mes amis Canadiens (québécois) en particulier, une citation de Wayne Gretzky. “Be where the puck will be”. Ne répondez pas au besoin actuels en entrepreneurship, répondez aux besoin futurs.